VIH et migration

Migrant/es subsaharien/nes et VIH

Responsable : Myriam Dieleman

Entre les années 2003 et 2008, l’Observatoire a mis en œuvre des recherches sur les situations sociales de vulnérabilité des migrant/es subsaharien/nes vivant avec le VIH en Belgique francophone.

Outre une mise en contexte de la problématique à travers des données épidémiologiques sur le VIH/sida et des données démographiques sur les mouvements migratoires, ainsi qu’un état des lieux des rapports entre santé et migration, la recherche rend compte des vécus de migrant/es vivant avec le VIH.
Une douzaine de personnes – six hommes et six femmes arrivés dans les années 1990 et 2000 et dont les statuts de séjour diffèrent –  ont accepté de livrer une partie de leur récit de vie.

L’analyse des biographies a eu pour objectif d’identifier les obstacles générés par la conjonction de la maladie et de la migration, ainsi que les ressources mobilisées par les protagonistes, tout au long de leurs parcours depuis le pays d’origine jusqu’à « l’intégration » dans le pays d’arrivée.

Deux hypothèses forment le corps de la recherche, à savoir celle de « vulnérabilités spécifiques découlant du contexte d’origine et de la trajectoire de migrant/es malades », ainsi que celle de « l’intersectionnalité de ces vulnérabilités ».

Sur un plan théorique, les vulnérabilités symbolique et culturelle renvoient aux représentations passées et présentes de l’altérité, ainsi qu’à la place stigmatisée accordée aux migrant/es africain/es dès les débuts de l’épidémie. La vulnérabilité institutionnelle renvoie quant à elle aux difficultés d’accès aux droits fondamentaux. En particulier, l’accès aux soins ainsi que la continuité du traitement dépendent étroitement des conditions d’existence des migrant/es, elles-mêmes largement tributaires du statut de séjour.

Cette recherche éclaire les limites de l’interprétation culturaliste de la problématique en soulevant la multidimensionnalité des déterminants de la maladie et du soin. Elle accorde cependant un primat aux facteurs socio-économiques, laissant penser que les enjeux de la « santé immigrée » se superposent en partie à ceux de la « santé précaire », dédoublés par les questions relatives au statut juridique et aux droits sociaux, politiques et économiques des migrant/es. Enfin, attentive aux effets de récupération, cette recherche questionne la construction et l’usage sociopolitique des catégories relatives à la migration en contexte de « panique épidémiologique ».