Santé sexuelle LGBT

Gays et autres HSH (hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes) et usages de drogues : étude qualitative par entretiens cliniques

Les gays consomment en général plus de substances psychotropes que la population générale. L’apparition de nouvelles substances et/ou modes de consommation dans ce public, notamment la pratique du SLAM (injection intraveineuse de produits psychostimulants, tels que la méphédrone et ses dérivés) a modifié le paysage sexuel et préventif. Certaines substances sont utilisées spécifiquement comme stimulants sexuels, notamment lors de soirées de sexe (dans les lieux de consommation sexuelle, à domicile, lors de pratique du sexe en groupe). L’expression « chemsex » est utilisée pour décrire des rapports sexuels entre hommes sous l’influence de drogues (spécifiquement les nouvelles drogues de synthèse) prises avant et/ou pendant les rapports sexuels.

Du point de vue de la santé publique, les enjeux relatifs au chemsex se situent d’abord au regard des contaminations du VIH, VHC et autres IST, les hypothèses actuelles, bien que non prouvées jusqu’ici, imputant à ces pratiques sexuelles une part importante dans la recrudescence des IST ces dernières années.

Cependant, un constat émanant du terrain met en évidence que ces pratiques impliquent de nombreux autres problèmes de santé tels que les addictions multiples (sexe et drogues), la désocialisation, troubles de l’humeur, dépression, suicide problèmes physiques tels que les fissures anales, overdoses…)

Par ailleurs, une première étude quantitative exploratoire menée à l’Observatoire (Van Acker, 2017) a mis en évidence un besoin, tant du côté des professionnel.le.s que des usagers, d’augmenter les connaissances fines du phénomène (distinguant entre autres les types d’usages, les enjeux individuels, sociaux, la vulnérabilité, le rapport au plaisir et à l’identité…) par des données qualitatives et l’accompagnement et ce surtout dans une vision non stigmatisante.

Buts et objectifs de l’étude

Cette recherche poursuivra plusieurs objectifs :

Objectifs liés à la connaissance scientifique

  • Identifier et comprendre la place des pratiques de type chemsex en termes d’enjeux identitaires, sociaux et communautaires au regard du rapport au risque et à la protection.
  • Connaître, mesurer, interpréter les différences régionales et internationales importantes sur les thématiques précitées. 


Objectifs liés à l’intervention

  • Identifier les indicateurs utiles pour le monitoring des interventions de prévention (avec un focus sur le ciblage des populations prioritaires) et de l’accompagnement des HSH pratiquant le chemsex.
  • Améliorer les connaissances des acteurs de prévention sur les besoins des chemsexers afin de développer de nouvelles campagnes de prévention autour de cet outil.

Aussi, cette étude visera non seulement à mieux cerner les particularités du phénomène en tant que tel mais d’entendre de quelle façon il vient résonner avec les contextes sociaux dans lesquels l’usage de drogues se produit, comment les nouveaux modes de consommation se propagent à travers les communautés homosexuelles et les normes qui régissent leur utilisation. En outre, les trajectoires de vie et facteurs ayant motivé ou facilité l’engagement (et le maintien) dans ces pratiques seront eux aussi investigués à la lumière du rapport au risque des sujets.