Le gouvernement des corps séropositifs. Dynamique de pénalisation de la transmission sexuelle du VIH

Résumé

Cet article vise à comprendre la vague de pénalisation de la transmission sexuelle du VIH qui, depuis le tournant des années 2000, touche des pays jusque-là épargnés (notamment le Canada, la Grande-Bretagne, la France et la Belgique), à un moment où le VIH entre dans le champ des maladies chroniques grâce à des traitements antirétroviraux efficaces. Afin de saisir plus finement les articulations entre le global et le local dans le recours au droit et les mobilisations qu’il entraîne, cet article propose ensuite une analyse ethnographique du procès de Huy, constituant la première condamnation pour transmission sexuelle du VIH en Belgique en 2011. Ce procès montre comment les rapports sociaux de sexe, de « race » et de classe structurent les échanges, rendant incontournable l’analyse intersectionnelle, et comment finalement se constitue un « gouvernement des corps séropositifs » basé sur une nouvelle responsabilité sérologique.

Pour citer ce document

Pezeril Charlotte, « Le gouvernement des corps séropositifs. Dynamique de pénalisation de la transmission sexuelle du VIH », Genre, sexualité & société [En ligne], n° 15, printemps 2016.

Plan

La vague de pénalisation
Les mobilisations globalisées contre la pénalisation
Antécédents et préparation de la scène belge
Le procès de Huy
Une administration volontaire ?
Genre, classe et « race » : un trio nécessaire à l’analyse
Conclusion

Auteur

Pezeril Charlotte (Observatoire du sida et des sexualités)

Projet de recherche

Processus de stigmatisation et de discrimination des personnes vivant avec le VIH/sida